Reliae, du récit... à la reliure

Reliae, du récit... à la reliure

Le vélo comme état d'esprit

Vélosapiens, anciennement Vélo Utile, est une association pour la promotion du vélo dans la ville de Marseille et ses environs. C'est au travers des témoignages de Julie et Robert que nous découvrons l'association.

 

 

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Vélosapiens comme la suite logique de l'évolution de l'homme ?

 

 

Qu'est ce que Vélosapiens ?

 

L'association nous est présentée par Julie : « C'est un atelier participatif où on vient avec un vélo par exemple abîmé, et on vient apprendre à le réparer. C'est basé aussi sur la récupération, les gens donnent beaucoup de vélo ou de pièces dont ils ne se servent plus et ici le truc c'est de les remettre en état ou que ces pièces puissent resservir à des vélos qui roulent encore. Il y a cette notion aussi de recyclage. »

 

Il s'agit de "donner de son temps, donner de ses compétences, de ses connaissances ça peut être aussi donner de son énergie pour ceux qui ne savent rien faire comme moi ou comme Nico mais qui est en train d'apprendre. Dans le sens et bien ou c'est aussi un lieu de socialisation où les gens se rencontrent."

 

 

 

"On est sur un mode sans hiérarchie, sans niveaux, puisqu'on est sur l'échange et de compétences, de désirs, d'envies, de services, de partage de connaissances."

 

 

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"Il y a à la fois des échanges marchands et non marchands. Non marchands dans le sens ou si on utilise des pièces de l'atelier même de récupération c'est payant mais on donne ce que l'on veux. Donc c'est à la personne qui a utilisé la pièce en question ou l'atelier d'évaluer aussi le prix qu'elle pense moral ou correspondant au service qu'elle a reçu ou à la pièce en question."

 

Ils vendent très peu de vélo justement parce qu'ils ne sont pas intéressés par cette logique marchande même si beaucoup de personnes viennent à l'atelier pour ça.

 

C'est également pour Julie "faire un pas de côté par rapport à la société de consommation et c'est aussi une revalorisation de certains axes, de certains champs qui sont pas du tout pris en compte justement dans la société de conso, qui n'ont pas prix, finalement qui ne sont pas a vendre ; comme le côté prendre sa dose de bonne humeur, sa dose de contact de la journée parce que les gens au final cherchaient telle pièce et ne l'ont pas trouvé chez nous mais ils squattent, ils s'assoient, ils trouvent les plantes jolies. Là dessus, il y a notre copine Émilie qui est à fond plante, végétalisation va leur expliquer ça c'est telle plante, telle espèce (...) C'est des échanges multiples."

 

"Nous, ce qui nous fait plaisir c'est que des personnes qui se sont rencontrés ici finissent par se fréquenter sans nous, ils échanges leurs coordonnées et se voient pour autre chose."

 

Pour elle, ça met aussi à plat les différences sociales, puisque le vélo, la crevaison, "ça met le cadre dynamique et le "Rmiste" un peu au même niveau, c'est la galère, il faut mettre les mains dans le cambouis, il faut y aller."

 

 

 

Beaucoup de flics au commissariat ou travail Julie font du vélo. Ils ont l'habitude d'aller faire réparer leurs vélo à Décathlon mais lorsque Julie leur parle de l'association, ça les interpellent :

 

"C'est très curieux, très atypique pour eux cette logique ou il ne faut pas donner de l'argent, ou il n'y a pas de prix fixe et la prestation non plus n'est pas fixe. (...) Tout ce côté aléatoire ou on est plus dans une exigence avec un prix fixe et une exigence, et bien ça attire les gens qui ne sont pas du tout dans ce système là."

 

Au départ, ce qui les amènent à l'atelier c'est la curiosité et parce qu'ils trouvent que c'est trop cher à décathlon. Et puis, il vont à l'atelier et comme ils sont bien reçu, que leur vélo marche aussi bien que s'ils étaient allés à décathlon et qu'en prime ils ont passé un bon moment alors ils y retournent par la suite. A l'atelier, ils rencontrent différentes personnes, par exemple, de l'économie sociale et solidaire (ESS) comme la Ruche (Espace collectif de travail et de création) qui est juste à côté et découvrent d'autres projets comme Enercoop. Ils découvrent donc une autre logique que la logique purement commerciale. De l'autre côté les gens de l'ESS vont dire - ah tiens, il est flic lui ? C'est une belle manière de faire tomber les idées reçues.

 

 

 

 

Robert explique que ce système de prix participatif marche tout aussi bien qu'un autre système.

 

« Ce que je voudrais c'est que les gens décident eux-même du prix à payer. On veux inverser le système du commerce. On voudrait que ce soit les gens qui réfléchissent, qui disent en fonction du temps qu'on a passé  - si j'étais à leur place combien j'aimerais qu'on me donne ? Des fois c'est un peu difficile, il y en a qui abuse un peu mais il y en a d'autres au contraire qui sont plutôt généreux. Ça marche pas mal en gros." 

 

"Et puis, on veut aussi jouer aussi sur le fait qu'on considère que c'est des dons puisque ce n'est pas une obligation, après ça peut être déductible des impôts. C'est un peu une façon d'avoir une subvention indirecte et je trouve que c'est mieux, parce que une subvention ce sont des gens qui vont nous donner ou non en fonction d'un dossier mais qui ne nous connaissent pas alors que là c'est vraiment ceux qui nous connaissent qui décident de nous donner."

 

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Contrairement à d'autres ateliers, ils sont plutôt souples à Vélosapiens car l'important pour eux c'est que les gens fassent du vélo. Par exemple, si quelqu'un ne veut pas mettre la main dans le cambouis, Robert se propose de le faire à leur place, ou si une personne à des difficultés à estimer le montant du service rendu et des pièces, il leurs donne des repères de prix. De même, l'adhésion à l'association n'est pas une obligation pour pouvoir bénéficier de l'atelier mais un acte volontaire.

 

Pour Julie, l'important ce n'est pas seulement que les gens fassent du vélo, c'est surtout un état d'esprit qui permet la rencontre et l'échange entre différentes personnes n'ayant pas forcément le même mode de vie ; il y a différents profils dans l'association et tous ne sont pas forcément des écolos militants. C'est d'ailleurs ces différences qui enrichissent les échanges.

 

 

Les membres de l'association organisent chaque dernier jeudi du mois, l'apéro participatif vélosapiens. Un rendez-vous mensuel conviviale ou chacun apporte quelque chose à partager tous ensemble. Parfois lors de ces apéros, d'autres types d'échanges peuvent avoir lieu comme le troc de fringues ou de livre par exemple.

 

 

En 2013, Marseille a remporté le clou rouillé pour la ville ayant les équipements les moins appropriés pour la pratique du vélo en ville.

4 personnes de l'association Vélo Utile ont monté un dossier complet avec des photos qu'ils ont présenté et défendu auprès de La FUB, la Fédération Française des Usagers de la Bicyclette. Malheureusement ça ne s'est pas amélioré depuis !!

 

 

 

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En bonus, quelques conseils de Julie pour pouvoir garer son vélo en ville en toute sécurité :

 

 

 

 

Merci beaucoup, Julie, Robert, pour votre accueil, vos conseils et ce beau projet participatif.

 

 

 

Plus d'information sur Vélosapiens - Adresse : 1bis rue Farjon, 13001 Marseille

http://velosapiens.fr/

https://www.facebook.com/velosapiens13/

 

Plus d'information sur la Vélorution

http://velorution.org/

https://fr-fr.facebook.com/velorution.marseille

 

La FUB

http://www.fub.fr/mon-velo/services/ateliers-reparation

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20/05/2016
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